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A la fin du printemps, la touche rouge de la Nature en Provence...

Les coquelicots de Provence sont des herbacées assez universelle, il est amusant de découvrir que son nom se rapproche en français du cri du coq « Cocorico » probablement à cause du rouge qui rappelle la crête dudit galinacé.

D’ailleurs en provençal on dira « gau-galin » ou « gau-galino » en référence également et littéralement à « coq-poule » (expression également utilisée pour les gens dont les préférences sexuelles ne sont pas très claires). Les anglais diront « poppies », les allemands « Klatschmohn » (pavot éclatant), les hollandais « kollenbloem » (fleur de sorcière), les italiens « rosolaccio » (dérivé de rose), les espagnols « amapola », les portuguais « papoila », enfin les berbères le nomment « aflelou » mais je ne sais pas si cela a à voir avec les lunettes…

Vous allez me dire, s’il est si universel que cela, pourquoi parler de coquelicots de Provence ?

Oui, des coquelicots il y en a partout mais ici, les fleurs, on n’a pas trop le temps d’en profiter, dès que les grosses chaleurs arrivent l’herbe jaunit et les coquelicots avec.
Lorsque mai se présente, les beaux jours font naître une vague rouge dans les champs et les prés qui part de la côte et remonte petit à petit dans les terres pour s’achever en juin. S’il y a 3 fleurs emblématiques de la Provence ce sera la lavande, le tournesol et le coquelicot.

Notre coquelicot est une herbacée annuelle qui aime les terrains fraîchement remués.
Elle forme de grands tapis rouges que l’on voit de loin.
On dit que c’est une plante messicole car elle s’associe depuis toujours très bien à l’agriculture, (des céréales plus particulièrement).
Elle régresse cependant beaucoup du fait de l’emploi des herbicides et de l’amélioration de la propreté des semences de céréales. Donc pour les coquelicots : « vive le bio ».

L’hiver passé, pas bien loin de chez moi, un nouveau rond-point a vu le jour et bien en mai la terre remuée était couverte de coquelicots.
Il en va de même pour ceux qui croissent au bord des chemins, sur les tas de terre ou même parfois les gravats.
En agriculture le coquelicot est traité comme une mauvaise herbe bien qu’il ne soit pas gênant pour les céréales de printemps, il peut diminuer néanmoins le rendement des céréales d’automne.

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve qu’une toute petite perte de rendement (sur des céréales vendues à bas prix), mériterait que l’on laisse la nature garder sa diversité comme elle le souhaite.
Economiquement, les agriculteurs auraient meilleur gain de proposer des « safaris coquelicot », le nez au ras du sol, la vue est superbe.

La fleur du coquelicot est solitaire, grande et simple, elle peut avoir un diamètre de 7 à 10 cm et elle est portée par un long pédoncule velu.
Les 4 pétales froissés avant l’éclosion ont une base noire.
Avant la floraison les boutons sont inclinés vers le bas.

Les feuilles de pavot peuvent se manger, on peut les utiliser pour donner du goût aux salades et aux soupes. Les graines sont consommées en pâtisserie et en boulangerie. Il existe même des bonbons et une liqueur de coquelicot.

Sur un plan médicinal, le coquelicot comme tous les pavots a des effets narcotiques. On peut l’utiliser séché en tisane pour son effet calmant et sédatif, on l’utilisait d’ailleurs dans la bouillie des enfants pour les aider à dormir. Par contre si vous êtes adeptes des produits opiacés, pas la peine de fumer les coquelicots, ils ne contiennent pas de morphine.

Les graines de coquelicot sont photosensibles, elles ne germent que lorsqu’elles sont proches de la surface (pas plus de 1.5 cm).
Ces graines ont également la particularité de survivre enterrées durant une longue période (plusieurs dizaines d’années).
Chaque pied produit environ 50 000 graines.
Par conséquent mettez un coup de pioche ou de charrue sur un terrain, vous aurez toutes les chances de voir fleurir des coquelicots.

Le coquelicot est associé pour les pays du Commonwealth à la première guerre mondiale, un peu comme les bleuets pour les soldats français.
Ce symbolisme est le fait d’un médecin militaire canadien qui écrivit un poème où le coquelicot par sa couleur rouge et sa capacité à pousser au bord des tranchées et sur les tombes des soldats morts, fut présenté comme un symbole de cette grande boucherie.

Voici donc cette saison des coquelicots en Provence qui approche bientôt de sa fin.
J’espère que vous aurez appris des choses en parcourant cet article et en tout état de cause, je suis certain que vous ne pourrez être que d’accord lorsque je dis : « On ne serait pas bien ici ? »

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