Photos du Sud, votre photographe en Provence !

Il a aimé les sources, ses amis, sa femme...

J’aimerais aujourd’hui vous mener sur les traces d’un écrivain que j’apprécie tout particulièrement, cet écrivain qui fut aussi, homme de théatre et  cinéaste c’est Marcel Pagnol.
Certains diront que c’est de la littérature pour enfants, que l’on impose aux petites classes de collège la lecture de ses souvenirs d’enfance, etc, etc…
Je ne suis probablement pas un grand littéraire et j’ai lu moi aussi en sixième la gloire de mon père. Mais j’ai aussi lu d’autres ouvrages, lu, que dis-je, dévoré et parfois à plusieurs reprises et à des âges différents de ma vie l’eau des collines ou les textes de la trilogie marseillaise. J’y ai à chaque fois trouvé un intérêt. L’amour d’une terre magnifique et sauvage, le respect pour les temps jadis et cette volonté de les sauvegarder pour les générations futures, j’y ai surtout trouvé une extraordinaire représentation de la « comédie humaine » avec tout ce que cela comporte, beauté, noirceur, trahison, pardon, repentance…

Cet homme de lettre, membre de l’Académie Française, je vous invite à mieux le connaître à travers trois lieux…

Aubagne, sa maison de naissance

Située au 16 Cours Barthélémy, se trouve la maison natale de Marcel Pagnol. Il y est né le 28 février 1895 et c’est en 2003 que fut installé dans cette maison un petit espace muséographique qui est une bonne entrée en matière si l’on connait mal la vie du personnage.
Vous y trouverez un espace musée avec une salle de projection où vous pourrez voir un film d’environ 15 minutes retraçant son parcours. La seconde partie vous fera découvrir un intérieur de l’époque tel qu’il a du le connaître en son temps.
Le prix est modique (3 €), vous pourrez ensuite vous promener un peu dans Aubagne…

Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Garlaban, c'est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du plan de l'Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la vallée de l'Huveaune...

Ce n'est donc pas une montagne, mais ce n'est plus une colline : c'est Garlaban, où les guetteurs de Marius, quand ils virent, au fond de la nuit, briller un feu sur Sainte-Victoire, allumèrent un bûcher de broussailles : cet oiseau rouge dans la nuit de juin, vola de collines en collines, et se posant enfin sur la roche du Capitole, apprit à Rome que ses légions de Gaule venaient d'égorger, dans la plaine d'Aix, les cent mille barbares de Teutobochus...

Marcel Pagnol - La gloire de mon père

Le château de la Buzine

Dans ses souvenirs d’enfance, Marcel Pagnol nous raconte qu’après l’épisode glorieux de son père abattant deux bartavelles du « coup du roi », lui et sa famille décidèrent de garder la location estivale de la maison de la « Bastide Neuve » afin de pouvoir y aller durant les « petites vacances » et les week-end.
Pour se rendre de Marseille à la Treille, ils devaient faire à pieds une longue route qui contournait de riches propriétés. Le brave Bouzigues (redevable de l’obtention de son certificat d’étude au père de Marcel), piqueur au canal leur offrit un jour une clef magique qui permettait à Augustine sa mère dont la santé était fragile d’éviter une bonne partie de ce long trajet.
Le problème est que cette traversée n’était pas forcément très légale et que toute la famille tremblait de se faire prendre en traversant le parc de ces châteaux, ce qui arriva bien entendu.
On peut facilement imaginer la surprise de Marcel Pagnol, lorsqu’il acheta plus tard sans la voir une propriété (destinée à devenir sa cité du cinéma), se rendant compte qu’il venait d’acquérir le château qui épouvantait tant sa mère… 

Ce garde, celui du dernier château, était notre terreur, et c'est en tremblant que nous traversâmes ses terres. Par bonheur, il ne se montra pas et, deux heures plus tard, autour de la table ronde, le nom de Bouzigues fut cent fois béni...

Marcel Pagnol - Le château de ma mère

C'est quand je le vis à travers la haie, au-dessus des platanes lointains, que je reconnu l'affreux château, celui de la peur, de la peur de ma mère. J'espérai, pendant deux secondes, que j'allai rencontrer le garde et le chien. Mais trente années avaient dévoré ma vengeance, car les méchants meurent aussi...
...Elle entendait les cris du garde, et le souffle rauque du chien. Blême, tremblante, et pour jamais inconsolable, elle ne savait pas qu'elle était chez son fils.

Marcel Pagnol - Le château de ma mère

Village de la Treille et la Bastide Neuve

Pour terminer ce « pèlerinage », vous devrez obligatoirement aller à la Treille, c’est aujourd’hui un quartier de Marseille, c’était à l’époque un village provençal, un village qui inspirera par la suite pas mal de lieux que l’on retrouve dans les écrits de Marcel Pagnol.
La Treille, c’est aussi là, dans la garrigue environnante en direction des Bellons (où vit éternellement le cher Lili), que se situe la Bastide Neuve, cette maison de vacances qui fit le bonheur de la famille Pagnol et qui orienta probablement la vie du petit Marcel qui n’aura de cesse, non pas de magnifier les terres de son enfance et les gens qui y vivaient, mais juste de les peindre avec des mots simples mais tellement vrais.

Alors commencèrent les plus beaux jours de ma vie.La maison s'appelait la Bastide Neuve, mais elle était neuve depuis bien longtemps. C'était une ancienne ferme en ruine, restaurée trente ans plus tôt par un monsieur de la ville, qui vendait des toiles de tente, des serpillières et des balais. Mon père et mon oncle lui payaient un loyer de 80 francs par an (c'est à dire quatre louis d'or), que leurs femmes trouvaient un peu exagéré...

Marcel Pagnol - La gloire de mon père

Une fois que vous aurez bien « crapahuté » pour trouver la « Bastide Neuve » (qui ne l’est toujours pas plus), revenez à la treille et poussez la grille du tout petit cimetière pour vous recueillir un moment, face aux collines qu’il aimait tant, sur la tombe toute simple d’un homme qui savait si bien parler de ses semblables et qui laissera encore longtemps je le pense sa trace dans ce pays de Provence et bien au delà.

Un grand merci à Isabelle et Dominique, mes Chti’s de la Ciotat de nous  avoir guidé au long d’une belle journée d’amitié.

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.

Marcel Pagnol

De mourir, ça ne me fait rien. Mais ça me fait de la peine de quitter la vie.

Marcel Pagnol
Fermer le menu
Fermer ce panneau